
LES INÉGALITÉS RACIALES AUX ÉTATS UNIS
1. BILAN DU DOUBLE MANDAT DE BARACK OBAMA
Quarante ans après l'assassinat de Martin Luther King, le leader historique de la lutte pour les droits des Afro-Américains, l'élection de Barack Obama est un symbole très puissant, laissant entrevoir le début d'une nouvelle ère pour la minorité afro-américaine. Son élection fait donc rêver à la fin des inégalités aux Etats-Unis. Cependant, après la fin du double mandat de Barack Obama, les rêves laissent place à la réalité, les injustices perdurent dans presque tous les domaines : situation socio-économique, santé, taux d'emprisonnement etc.
La situation semble presque même s'être empirée, en effet, les tensions entre communauté ressurgissent notamment lors des nombreuses affaires des violences policières au dépend de la communauté afro-américaine. Ce sont des drames qui ont d'ailleurs poussé Barack Obama à quitter parfois sa posture de président de tous les Américains à cele de premier président noir de l'histoire des Etats-Unis
En 2015, le « Yes we can » (« Oui, nous le pouvons ») prononcé par Barack Obama en 2008 a ainsi progressivement été détrôné par un autre slogan, beaucoup plus fort : « Black Lives Matter » (« Les vies des Noirs comptent »), du nom d'un mouvement de défense de la communauté noire fondé il y a un peu plus de deux ans.
"BLACK LIVES MATTER"
c'est avec ce slogan qu'un mouvement de défense de la communauté noire tente de bousculer la campagne présidentielle américaine.
Le 26 février 2012, Trayvon Martin, 17 ans, un adolescent sans histoire ni casier, part un peu avant 19h de la maison de sa petite amie pour aller acheter des bonbons à l'épicerie du coin. George Zimmerman, 28 ans, effectue, lui, une ronde de quartier, pour surveiller le voisinage après plusieurs cambriolages. Il appelle le 911 (services d'urgence) pour signaler «un comportement suspect». Malgré les consignes de l'agent, il suit Martin, d'abord en voiture puis à pied. Quelques minutes plus tard, l'adolescent meurt, d'une blessure par balle à l'abdomen. La police trouve Zimmerman saignant du nez, une blessure à la tête. Il jure avoir agi «en légitime défense». Cependant, ses paroles sont démenti par plusieurs témoins qui assurent avoir vu Zimmerman tuer le jeune garçon.

TRAYVON MARTIN
Le mouvement est né en Floride en 2013, après l’acquittement du tueur de Trayvon Martin, un adolescent noir de 17 ans tué par un agent de surveillance alors qu'il était non armé.
En effet, la violence policière aux Etats-Unis est un problème global, qui touche toutes les communautés. Toutefois, elle frappe tout particulièrement la minorité noire. Depuis deux ans, de nombreux cas d'Afro-Américains tués par les forces de l'ordre ont défrayé la chronique. Retour sur deux exemples très médiatisés, parmi les dizaines d'affaires survenues récemment.


AFFAIRE MICHAEL BROWN
AFFAIRE FREDDIE GRAY
Le 9 août 2014, le jeune Michael Brown, un Afro-Américain de 18 ans, est abattu par un policier blanc à Ferguson, dans le Missouri. Des manifestation non violentes ainsi que des émeutes éclatent dans cette ville à majorité noire de la banlieue de Saint-Louis. Au terme de l'enquête fédérale sur ce cas, aucune poursuite ne sera menée contre le tireur, mais le rapport pointera tout de même une "routine de discrimination" au sein de la police locale.
Le 12 avril 2015, à Baltimore dans le Maryland, Freddie Gray, un Noir de 25 ans, est arrêté, soupçonné à tort d'être en possession d'un couteau à cran d'arrêt illégal. Cervicales brisées, trachée écrasée: l'interpellation est violente. Freddie Gray plonge dans le coma décède une semaine plus tard, ce qui déclenche une semaine d'émeutes. Les six policiers impliqués seront inculpés d'homicide. Le 16 décembre 2015, le premier procès est annulé car les jurés ne réussissent pas à se mettre d'accord.
LES CHIFFRES
Ici, nous avons un graphique représentant le taux de morts pas catégorie statistique, aux Etats-Unis en 2015, selon The Guardian.
Dans la catégorie afro-américaine, nous pouvons donc voir que le taux de décès est le plus élevé (6,46 morts par million d'habitants). Les Amérindiens (3,4), es Hispaniques (3,05) et les Blancs (2,7) sont nettement moins touchés. Dans le même ordre d'idée, un quart des Noirs tués par la police étaient non armés, contre 17,2% chez les Blancs et 18,93% chez les Hispaniques.